L’éperon de Bilet à la pointe de la biodiversité

L’éperon de Bilet est une pointe de terre située au bord du Rhône, entre les barrages de Verbois et de Chancy-Pougny. Dans le cadre de la concession de ce dernier, la Société des Forces Motrices de Chancy-Pougny (SFMCP) assure le suivi et l’entretien de la biodiversité sur cette zone de compensation écologique.

Les différentes vies de l’éperon de Bilet

Avant 1952, l’éperon de Bilet était un site principalement naturel. Entre 1952 et 1967, le site est entièrement remanié et mis à nu pour être utilisé comme gravière. Sa couverture végétale y disparaît alors presque entièrement. 

Après la fin de l’exploitation de la gravière, la végétation reprend progressivement ses droits dans les années 1980. La biodiversité devient alors remarquable, car le site regroupe divers milieux en déclin ailleurs : des prairies sèches bordées d’arbres, ainsi que des zones humides, notamment une lône (bras d’eau séparé du Rhône par une fine bande de terre). 

Depuis 2003, l’éperon fait partie des mesures de compensation, de revalorisation et d’atténuation dans le cadre de la concession du barrage de Chancy-Pougny. Un suivi de la biodiversité ainsi qu’un entretien des milieux doit ainsi être réalisé régulièrement.

Approfondissement d’un bras d’eau

Dans ce contexte, un réaménagement de l’éperon de Bilet a eu lieu en 2025. Un des points les plus importants concernait la lône située sur la côte est de l’éperon. Ce bras d’eau séparé du Rhône joue un rôle important dans l’écosystème local : certains poissons, notamment les juvéniles, apprécient cette zone à faible courant. Des moules d’eau douce menacées y ont également été observées. 

Au fil du temps, la lône s’est naturellement envasée et la connexion avec le Rhône s’est rétrécie. Afin de favoriser la survie des poissons restant dans la lône, en particulier lors les abaissements du fleuve, un approfondissement du bras d’eau a donc été nécessaire. Lors du dernier abaissement du Rhône, une grande quantité de vase a ainsi été retirée à l’aide de machines.

Création de mares et d’une butte à hirondelles

À l’entrée de l’éperon, le passage répété de véhicules avait creusé une dépression dans le sol, formant une petite mare temporaire. Profitant des machines sur place, la mare a été agrandie pour favoriser la reproduction du crapaud sonneur à ventre jaune, un amphibien protégé observé à cet endroit. Deux nouvelles mares ont également été creusées pour bénéficier aux amphibiens et aux autres espèces dépendant des milieux aquatiques telles que les libellules. Enfin, une butte à hirondelles a été aménagée : les oiseaux pourront y creuser leur nid dans la partie friable constituée de sable. Ces aménagements, complémentaires à la lône, ont pu être réalisés grâce au soutien du Fonds Electricité Vitale Vert. 

Le site étant ouvert au public, chacun peut profiter de ce lieu exceptionnel dédié à la biodiversité pour y observer des oiseaux, amphibiens, libellules, lézards, serpents, et – avec un peu de chance – des castors, qui laissent de nombreuses traces de leurs passages sur le site.