Nant de la Dronde : les nouvelles mares conservent leur eau

La création de nouvelles mares sur le site protégé du Nant de la Dronde est un succès : elles offrent de nouveaux lieux de vie aux amphibiens et restent toujours en eau, même lorsque les pluies manquent.

Quatre nouvelles mares

Juste en aval du barrage de Verbois, au pied de la falaise qui tombe sur la berge gauche du Rhône, émergent de petites sources d'eau claire dont l'eau se perdait en grande partie dans le sol graveleux. Grâce à ce projet soutenu par le Fonds Electricité Vitale Vert, il y a aujourd'hui 4 nouvelles mares qui enrichissent ce site protégé. Trois d’entre elles sont alimentées par les petites sources. Et elles devraient rester en eau toute l’année, car même durant la période très sèche de la fin du printemps 2023, elles ont permis aux amphibiens de vivre et de se reproduire.

Crédit photo : Communication in Science

Des mares jamais à sec

Cela devient rare lors des sécheresses estivales qui accompagnent le réchauffement climatique. D'ailleurs, le quatrième petit plan d’eau – dont le fond a été recouvert d’argile imperméable comme les trois autres – était complètement à sec durant la même période. Il faut préciser qu'il n'est pas connecté aux sources ni aux autres mares. Mais c'était l'effet recherché, car il s'agit d'une mare temporaire, destinée en priorité aux amphibiens qui, tôt au printemps, regagnent uniquement l'eau pour se reproduire, tels les crapauds, les grenouilles rousses et les grenouilles agiles.

Crédit photo : Communication in Science

Une nouvelle butte de protection

Ce projet est donc une réussite. D'autant que, grâce aux précautions prises par l'équipe de chantier, la végétation environnante a été peu dégradée. Les plantes sont en train de recoloniser le terrain. Comme prévu, les graves excavées pour creuser les mares ont été disposées en une longue butte d'environ 1 mètre de haut qui longe le chemin. Plantée de jeunes arbres qui doivent encore grandir, cette butte forme ainsi une barrière de protection naturelle qui sépare ce biotope des promeneurs et des cyclistes.

Crédit photo : Communication in Science

Reptiles et amphibiens sous la loupe

Dans les mois à venir, les spécialistes du KARCH-GE* étudieront comment les amphibiens et les reptiles colonisent ces lieux humides. On espère que les salamandres tachetées et les grenouilles agiles, devenues peu communes dans le canton mais encore présentes au Nant de la Dronde, profitent de ces nouveaux sites de ponte. Les grenouilles rieuses, quant à elles, n'ont pas attendu pour occuper les plans d'eau. Mais ce n'est pas vraiment une surprise, tant elles sont peu exigeantes, prolifiques et mobiles. Quant aux couleuvres, qui se nourrissent notamment de grenouilles, elles trouveront dans ces nouveaux biotopes non seulement de quoi se nourrir, mais aussi des cachettes où se dissimuler et se protéger du froid, du chaud ou de la sécheresse suivant les saisons : les troncs des arbres coupés pour la création de ces mares ont été conservés sur place pour former d'accueillants abris.

Grenouille rieuse. Crédit photo : Communication in Science
 
* Association pour l'étude et la protection des amphibiens et des reptiles, section Genève

Surveiller les plantes invasives

Au cours des mois à venir, il faudra aussi surveiller l'installation de plantes invasives : Renouée du Japon, Buddleia de David/Arbre à papillons, Impatiente glanduleuse, etc. En effet, comme très souvent à la suite de chantiers, ce sont les plantes les moins désirées qui ont le plus de facilité à s'installer...

Où se situe le projet