Remettre un cours d’eau à ciel ouvert 

La ville de Versoix remet peu à peu à ciel ouvert un petit cours d’eau longtemps piégé sous terre avec son histoire : le bief* de Pont-Céard. La libération des derniers tronçons permettra de créer non seulement une ligne de fraîcheur pour les habitants et les habitantes, mais aussi une longue voie continue de biodiversité urbaine.
* Ce mot désigne un petit cours d'eau.

Etat d'avancement du projet

Souvenir d’une cité jamais construite

Au 18ème siècle, le duc de Choiseul, ministre du roi Louis XV, commande la création d’une ville à l’emplacement de Versoix, alors en territoire français. Il est prévu d’y installer des milliers d'habitants et d'habitantes ainsi qu’une citadelle et un port militaire, afin de tenir tête à la Genève fortifiée qui monopolise le commerce de la région. L’ingénieur Nicolas Céard participe à l’élaboration de ce projet gigantesque soutenu par Voltaire. En 1770, cependant, avec la disgrâce du duc de Choiseul, le projet est revu à la baisse et finit par être abandonné. Du projet original, il reste le bief de Pont-Céard, une dérivation du canal de Versoix destinée à l’origine à alimenter les fontaines de la future ville, ainsi qu’une partie du port dans lequel le cours d’eau se jette : Port-Choiseul. Dans les années 1950, avec la réfection de la route de Suisse, le bief est enterré, et le pont qui a donné son nom au quartier disparaît du paysage.

Plus que deux tronçons à mettre au jour

En accord avec la loi fédérale sur la protection des eaux (LEaux) et les recommandations du canton de Genève, la ville de Versoix redonne vie au bief de Pont-Céard. Entre 2005 et 2016, elle a déjà réalisé quatre étapes de remise à ciel ouvert et de renaturation. Les deux prochaines étapes, soutenues par le Fonds Electricité Vitale Vert, permettront de libérer les deux derniers tronçons du petit cours d'eau. L'avant-dernière étape aura lieu en novembre 2022 et concerne environ 70 mètres de canalisation situés le long du chemin de Pont-Céard, du côté de la Route de Suisse. L'étape finale, qui aura lieu fin 2023, libérera les derniers 40 mètres restants le long de l'avenue de Choiseul.
 

Dans une situation de changements climatiques, le cours d’eau libéré constituera une ligne de fraîcheur d’importance pour les habitants et les habitantes des quartiers voisins. Ils pourront longer ses berges végétalisées et bénéficier d’un coin de nature en ville. Pour la faune et la flore, le bief constituera un refuge et une transition entre les bois de Versoix, le milieu urbain et le lac Léman.

Résultats attendus

Dans ce projet, tout est fait pour favoriser la biodiversité. Sur les tronçons prochainement libérés, le cours d’eau suivra un parcours légèrement sinueux, avec une alternance de vitesses d'écoulement, de profondeurs d’eau et de substrats, qui constitueront autant d’habitats pour les espèces aquatiques. Sur les berges, des arbres, des arbustes et des prairies fleuries favoriseront la présence d’insectes amateurs de soleil et d’eau, telles les libellules. Il y aura aussi des tas de bois et de pierres qui serviront de refuge aux amphibiens et aux lézards – sans oublier les nichoirs mis en place pour les oiseaux.

Restent des questions essentielles :

  • À quoi ressemblera le quartier avec son cours d'eau retrouvé ?
  • Comment les habitantes et les habitants vont-ils accueillir cette nouvelle voie de biodiversité ?
  • Quelles espèces pourra-t-on observer après la libération et la renaturation totale du bief ?